Edition 2015

La santé de demain

Contexte : la santé de demain

Depuis le début des années 80 et les premiers biomédicaments, les biotechnologies ont su s’imposer dans le domaine de la santé pour produire des traitements devenus irremplaçables dans la thérapeutique moderne. De nouveaux traitements issus du vivant sont en développement, en particulier des médicaments de thérapie innovante, comme la thérapie génique, la thérapie cellulaire et l’ingénierie tissulaire. La compréhension de l’information génétique a permis un progrès indéniable. Avec le séquençage de l’ADN, le lien entre la génétique et diverses pathologies a pu être fait, entrainant une identification de nombreuses cibles thérapeutiques potentielles contre lesquelles on peut développer des médicaments. Les biomarqueurs génétiques sont aujourd’hui la clé de la médecine personnalisée. Cependant, l’avènement de ces technologies amène un questionnement éthique indispensable, non seulement pour faciliter la compréhension et l’acceptation du public mais également éviter les dérives potentielles. De fait, les fondements éthiques et moraux de l’amélioration de l’Homme ne sont pas à négliger. Aussi, une véritable économie des biotechnologies s’est aujourd’hui mise en place au niveau international.

Intervenants

Le Jeudi 5 Février 2015 de 9h30 à 17h30 à l'AgroParisTech (16 rue Claude Bernard Paris 5), nous avons eu le plaisir d'accueillir :

Morad Bensidhoum, Chargé de Recherche CNRS dans le Laboratoire de Bioingénierie et Bioimagerie Ostéo-articulaire (B2OA - dirigé par Hervé Petite)

Après avoir obtenu son Diplôme de Docteur de l'université de Bordeaux 2 (sur l'Analyse moléculaire de patients atteints de porphyrie érythropoïétique congénitale et développement d'un modèle murin de la maladie en vue de thérapie génique), Morad Bensidhoum a travaillé au sein des laboratoires suivants :

  • Laboratoire Biothérapie des Maladies Génétiques et Cancers U-1035 Inserm dirigé par le Pr. Hubert de Verneuil, Université Victor Segalen, Bordeaux.
  • Laboratoire de radiopathologie et de thérapies expérimentales à l’Institut de Radioprotection et sureté Nucléaire (IRSN) dirigé par le Dr Patrick Gourmelon, Fontenay aux roses.
  • Laboratoire de thérapie cellulaire et de radioprotection Accidentelle  (LTCRA), EA1638, Pr NC Gorin Faculté de médecine St Antoine, Paris.
  • Laboratoire de génomique et radiobiologie de la kératinopoïèse, Service de génomique fonctionnelle CEA, Génopole, Evry.

Résumé de son intervention :
Annuellement, plus de 2.2 millions de greffes osseuses sont réalisées dans le monde. Ces greffes sont effectuées pour notamment : (i) combler et réparer des défauts osseux de grande taille, observés après résection tumorale, par exemple, (ii) traiter des complications de fracture tels que les pseudarthroses (absence de consolidation osseuse entre les fragments osseux).
Le greffon osseux (autogreffe) est le plus souvent, obtenu chez le patient puisqu’il est histocompatible et non immunogène. Son prélèvement, cependant, est une source supplémentaire de morbidité, et parfois la quantité de l’autogreffe reste insuffisante.
Pour pallier à ces limitations, l’ingénierie tissulaire propose d’associer des cellules ostéoprogénitrices (capables de former de l’os) à un biomatériau poreux, de manière à reproduire un tissu osseux artificiel autologue. Une des sources les plus prometteuses de cellules ostéoprogénitrices est la moelle osseuse qui contient les cellules du stroma de la moelle osseuse ou cellules souches mésenchymateuses (CSM).

Marc-Olivier Bévierre, Responsable santé chez Cepton Strategies

Ingénieur diplômé de l’Ecole Polytechnique, Marc-Olivier Bévierre est un Partner du bureau de Paris. Titulaire d’un Doctorat de Chimie Organique et d’un MBA de l’INSEAD, il a passé 16 ans dans l’industrie pharmaceutique, occupant successivement diverses fonctions internationales et opérationnelles, allant de la Recherche préclinique à la direction de BU, en passant par des responsabilités marketing et terrain. De 2004 à 2008, Il a été Directeur de la Stratégie chez Janssen-Cilag, avant de rejoindre CEPTON, où il s’occupe aujourd’hui de l’activité Santé.

Jean-Marc Lemaitre, Directeur de l'équipe AVENIR INSERM « Plasticité génomique et vieillissement »

Chargé de recherches INSERM, Unité 661 « Institut de génomique fonctionnelle » (INSERM / CNRS / Université de Montpellier). Jean-Marc Lemaitre a effectué son doctorat dans le laboratoire de Marcel Méchali, à l’Institut J. Monod CNRS. Il dirige depuis 2006 l’équipe AVENIR de l’Institut de Génomique Fonctionnelle, dans le Département d’Oncogénèse Moléculaire. Ensemble, ils analysent la mesure dans laquelle le vieillissement cellulaire peut être lié à des mécanismes épigénétiques, à une organisation spécifique du génome en chromatine et de quelle manière cet état peut être reprogrammé vers une prolifération contrôlée.

Didier Coeurnelle, co-président de HEALES (Healthy Life Extension Society)

Porte-parole de l'AFT-Technoprog. Spécialiste international des questions de longévité, auteur de Et si on arrêtait de vieillir !, Didier Coeurnelle est également vice-président de l’association française Technoprog, qui a pour objet de « diffuser les thématiques et les questionnements relatifs aux technologies susceptibles d’améliorer et de prolonger la vie des individus et de l’espèce humaine », et membre actif de mouvements écologistes.

Patrick Gaudray, Membre du Comité Consultatif National d'Ethique

Directeur de recherche au CNRS, responsable de l'équipe « Instabilité Génomique & Cancer. » Généticien, ayant réalisé son doctorat en virologie moléculaire à l’Université de Nice, Patrick Gaudray a ensuite travaillé au Salk Institute à San Diego (Californie) afin d’étudier les altérations génétiques caractéristiques des tumeurs. Puis, spécialisé en oncologie, il est revenu en France et est aujourd’hui directeur de recherche au CNRS. Il est également extrêmement investi dans de nombreuses réflexions éthiques autour des sciences de la vie, au sein d’organisations telles que le Comité Consultatif National d’éthique (CCNE), le Haut Conseil des Biotechnologies et la Ligue Nationale Française contre le Cancer.

Bruno Saintôt, Responsable du Département d'Ethique biomédicale au Centre-Sèvres

Titulaire d’un DEA de philosophie (Lyon III) et de théologie (Centre Sèvres), Bruno Saintôt est aujourd’hui assistant à la Faculté de philosophie et responsable du Département d’Ethique biomédicale du Centre-Sèvres ainsi que de l’organisation de nombreux colloques sur le thème de l’éthique biomédicale. Ses recherches se focalisent sur le lien entre anthropologie (philosophique et théologique) et éthique.

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